Tout savoir sur les essais cliniques

Les données de santé, c’est quoi exactement?

Au Québec, on utilise les termes « renseignements de santé et de services sociaux », ou plus simplement « données de santé », pour désigner des informations personnelles qui peuvent se rapporter à l’état physique ou mental d’un patient, ou à sa trajectoire de soins dans le système de santé.


Qu'est-ce qu'une donnée de santé?

Qu'est-ce qu'une donnée de santé?

Une donnée de santé peut, par exemple, être:

  • Une note de médecin à la suite d’une consultation;
  • Un résultat d’examen de laboratoire;
  • Des images prises lors d’une radiographie ou tout autre examen d’imagerie médicale;
  • Un diagnostic ou un traitement lorsqu’il est associé à un nom ou à un numéro d’assurance maladie.

Pourquoi les données de santé sont-elles utilisées en recherche?

Pourquoi les données de santé sont-elles utilisées en recherche?

Des données de santé sont souvent recueillies et utilisées lors de projets de recherche. Cela contribue à faire progresser les connaissances et à améliorer les soins de santé au bénéfice de toute la population.
En analysant ces données, les équipes de recherche peuvent notamment :

  • Identifier des causes et des tendances pour mieux comprendre les maladies;
  • Découvrir de nouveaux médicaments et des thérapies innovantes qui améliorent la qualité de vie;
  • Comprendre les effets des traitements pour les participants afin de mieux personnaliser les interventions médicales;
  • Développer des recommandations pour optimiser l’utilisation des ressources dans notre système de santé.

Pour protéger les données de santé des personnes concernées, ces projets de recherche doivent respecter des règles strictes de confidentialité, de sécurité et d’éthique.

Comment les données de santé sont-elles recueillies en recherche?

Les projets de recherche peuvent s’appuyer sur des données obtenues avec ou sans consentement. Chaque situation est soumise à des règles particulières quant à leur accès et à leur utilisation.

Données obtenues avec consentement 

En recherche clinique, la très grande majorité des données est utilisée avec le consentement de la personne concernée, c’est-à-dire que le participant donne son accord pour que les données récoltées soient utilisées par l’équipe de recherche dans le but de répondre aux questions du projet de recherche. Le protocole de recherche et le formulaire de consentement du participant détaillent l’ensemble des données recueillies, la méthode et la durée de conservation, ainsi que les usages que le chercheur et son équipe peuvent en faire.

Données obtenues sans consentement 

À l’inverse des données obtenues avec consentement, dans certains projets, des données de santé peuvent être utilisées à des fins de recherche sans que le consentement des personnes concernées ait été préalablement obtenu. Il s’agit alors de données obtenues « sans consentement ».

Comment les données de santé sont-elles protégées?

 

Les projets de recherche qui recueillent et utilisent des données de santé, qu’il s’agisse des données recueillies avec ou sans consentement, doivent avoir été approuvés par un comité d’éthique de la recherche. Ce comité a pour mission de veiller à la sécurité et au bien-être des participants et de s’assurer que la recherche se déroule conformément aux principes scientifiques et éthiques applicables. Ces principes exigent notamment que les chercheurs protègent adéquatement les données recueillies et les utilisent au bénéfice des participants et de la population.

De plus, les lois québécoises prévoient des mesures pour encadrer la sécurité des données et la protection de la vie privée. Par exemple, certains projets doivent réaliser une Évaluation des facteurs relatifs à la vie privée (EFVP). Une EFVP est une démarche préalable qui vise à s’assurer qu’un projet de recherche protège adéquatement les données de santé.

Les chercheurs du secteur privé qui veulent accéder et utiliser des données de santé à des fins de recherche, sans le consentement de la personne concernée, doivent de plus s’adresser à un guichet unique, qui s’appelle le Centre d’accès pour la recherche (CAR). Le CAR assure la coordination et le contrôle de l’accès d’un chercheur du privé à la suite d’une demande d’autorisation. Par exemple, il s’assure que les conditions d’accès et les approbations éthiques requises sont obtenues et doit prendre les mesures nécessaires afin d’assurer en tout temps le respect des plus hauts standards reconnus en matière de protection des renseignements.

Dépersonnalisation et anonymisation, deux processus essentiels

Il existe divers moyens de protéger la vie privée des participants et la confidentialité de leurs données, par exemple, en utilisant des techniques de dépersonnalisation et d’anonymisation.

Dépersonnaliser une donnée

C’est un processus qui permet de retirer toutes les informations qui permettent d’identifier un patient directement. Par exemple, un chercheur ne pourra consulter que son diagnostic et son traitement, sans savoir qui est ce patient. Une donnée dépersonnalisée peut toutefois permettre d’identifier un patient indirectement. Par exemple, un hôpital pourrait détenir un code permettant de lier les données dépersonnalisées au nom et à l’identité de la personne concernée.

Anonymiser une donnée

C’est aller encore plus loin dans la protection de la donnée. Lorsque les données de santé d’un patient sont anonymisées, il n’est plus possible, même indirectement, de connaître l’identité de la personne, et ce, de façon permanente. Par exemple, il ne serait plus possible d’associer un diagnostic et un traitement à l’identité du patient.

Exemples d'utilisation de données de santé

1
Santé Québec – Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine

Une équipe de Santé Québec – Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine étudie les impacts de l’utilisation des médicaments par les femmes enceintes dans le but de mieux les informer et de les guider dans leurs choix.

2
Santé Québec – Centre hospitalier de l’Université de Montréal

À Santé Québec – Centre hospitalier de l’Université de Montréal, une chercheuse utilise l’intelligence artificielle pour analyser les données des participants atteints d’un cancer ORL (cancer de la sphère oto-rhino-laryngée). Elle cherche ainsi à prédire les meilleurs plans de traitement en radiologie pour les futurs patients.

3
Santé Québec Estrie – Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke

À Santé Québec Estrie – Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke, la plateforme PREVALIS facilite l’accès à des données et des expertises de pointe pour favoriser la recherche en santé. Des partenariats bénéfiques ont lieu avec des entreprises qui développent, par exemple, des logiciels pour optimiser l’utilisation des antibiotiques dans les centres hospitaliers.

4
Vital – Le plus grand réseau de données hospitalières du Canada

Coordonnée par Unity Health Toronto, la plateforme nationale Vital relie en temps quasi réel les données de santé de plusieurs établissements à travers le Canada afin de soutenir la recherche, l’innovation et l’amélioration des soins. En analysant de grandes quantités de données de santé dans un environnement sécurisé, les chercheurs peuvent mieux comprendre les maladies, identifier certains risques cliniques plus rapidement et développer de nouvelles approches pour améliorer les soins et la prévention, notamment grâce à l’intelligence artificielle.

5
Institut québécois d’intelligence artificielle (MILA)

Les chercheurs de l’Institut québécois d’intelligence artificielle (MILA) construisent plusieurs partenariats avec des entreprises québécoises innovantes pour accélérer la découverte de nouvelles thérapies. En s’appuyant sur les données de santé, l’intelligence artificielle permet de développer de nouveaux médicaments qui peuvent être testés plus rapidement lors des essais cliniques. Il s’agit d’un appui important à l’intelligence humaine dans le cadre de la recherche clinique.

Un homme agé regarde son téléphone
Pour en savoir plus sur les données de santé


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